Lorsque le whisky arrive en France, il rencontre un terroir particulièrement fertile. L’Hexagone est une grande nation céréalière, en particulier pour la production d’orge et de blé, où elle occupe la première place au niveau européen. La France compte également des malteries de taille internationale.
Par ailleurs, le paysage brassicole, après un passage à vide de plus de 50 ans, a repris des couleurs, à tel point qu’on dénombre près de 2 500 brasseurs en activité sur le territoire !
Mais le point le plus saillant est probablement l’incroyable diversité des outils de distillation déjà présents sur le territoire lorsque, en 1983, les premières expériences de production d’un whisky voient le jour à Lannion.
Et pour cause : on distille du genièvre dans le Nord, du calvados en Normandie, du vin en Aquitaine et en Gascogne (Cognac et Armagnac), des fruits et des marcs, particulièrement dans l’Est, etc.
Cette production pléthorique se fait à travers une grande diversité d’alambics, dont la forme impacte fortement le profil des spiritueux qui s’en écoulent.
En Écosse, et à juste titre, on dit souvent que la forme de l’alambic a un impact majeur sur les arômes du whisky. Un simple changement d’inclinaison du col de cygne, la forme du chapiteau ou même les petits défauts qui altèrent le cuivre sont autant de facteurs qui façonnent le profil du distillat.
Imaginez donc ce qu’il en est de la diversité des alambics présents en France !

Cette diversité va, petit à petit, permettre l’émergence de modèles de production alternatifs. Là où le standard en Écosse veut que chaque distillerie possède sa propre brasserie, en France, les choses sont plus nuancées !
Il y a certes des brasseries-distilleries, voire même des malteries-brasseries-distilleries, mais il y a aussi des distillateurs qui se tournent vers des professionnels du brassage pour se faire livrer leur wash. Et même des brasseries qui font appel à des bouilleurs ambulants pour distiller leur bière !
Ces modèles, certes originaux, présentent toutefois quelques avantages : ils capitalisent sur le savoir-faire et le matériel existants, et permettent d’avoir, à chaque étape, des personnes qui se concentrent pleinement sur leur métier.
En d’autres termes, si votre métier est de produire du wash, rien que du wash, ce dernier doit être d’un très bon niveau !
C’est ce paysage, si unique dans le monde du whisky, qui invite à se poser la question : les murs d’une distillerie ne sont-ils pas des cloisons artificielles ?
Est-il bien logique de se priver d’un alambic unique et disponible situé à quelques kilomètres, au motif qu’il n’est pas dans nos murs ?
Et que se passerait-il si l’on s’affranchissait des murs d’une seule distillerie ?
Ce sont ces réflexions qui ont conduit à la création de LAMAISON, et qui donnent corps à la phrase gravée sur nos bouchons :
La France est notre distillerie.

Avec LAMAISON, nous tirons parti des savoir-faire de tout un territoire.
Nous brassons à trois endroits distincts et veillons à obtenir des wash particulièrement riches. Nos grains, loin d’être des distillats industriels, sont au contraire distillés sur une colonne armagnacaise à 72 % afin de conserver leur texture et leur aromatique.
Nos orges sont distillées sur 11 alambics aux profils distincts, pour offrir une large diversité de profils.
Nos vieillissements se déroulent dans trois chais, sous trois climats différents, et dans une grande diversité de fûts.
Dans cette section, “Comme à la maison”, nous allons vous raconter tout cela en détail : partager nos expériences, nos voyages, nos découvertes et nos conclusions.
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